Hot! Les mercenaires de l’aide

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Abidjan, Kaboul, Bamako, ce n’est pas le seul théâtre de faits de guerre. C’est aussi le terrain de jeu d’un nouveau type d’hommes solidaires : les mercenaires de l’aide. Qui sont-ils ? En général des spécialistes de situations d’après crise : logistique alimentaire, organisation d’élections, aide aux réfugiés, renforcement des institutions et bien d’autres segments de marché qu’offre le développement. C’est une sorte de légion étrangère venue d’occident, bac + 5 comme standard minimum, belles études et CV reluisant. La solidarité ne s’improvise pas.

Loyauté fondée uniquement sur l’argent et absence d’engagement vis-à-vis de la cause, voici comment Nicolas Machiavel décrivait les mercenaires de son temps. Les experts de l’aide respectent en tout point la tradition de leur corps de métier. L’important est de répondre à la demande. Pas de place pour une quelconque vision politique. On vient, on donne de la solidarité et l’on récupère son argent. « On a coutume de dire qu’un bon consultant est capable de demander ses per diem en 13 langues et 46 dialectes », résume, sourire en coin, Olivier, logisticien alimentaire. On n’enlèvera pas aux mercenaires leur sens de l’humour…

Les recrutements se font généralement dans l’urgence, souvent par manque de temps ou manque de moyens des agences qui ont recours aux consultants. Et comme le souligne Jean, expert en protection de l’enfance, « La plupart de nos recruteurs sont jugés sur leur capacité à décaisser leur budget. Nous intervenons aussi pour ça… » Les consultants sont réalistes. D’ailleurs, poursuit Jean, « En dix ans, je n’ai jamais vu un bénéficiaire ».

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Article à lire en intégralité dans Là-Bas N°6

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