Pierre et Ionie Sillière : déplacer les montagnes depuis la Normandie
A priori, rien ne distingue Ionie et Pierre de citoyens lambdas. Jeunes seniors, ils ont tous deux enseigné en collège, ils habitent une petite ville de Basse-Normandie du nom chantant d’Argentan, et prennent le temps de vivre, d’échanger avec leurs amis, leurs voisins. Mais derrière ce couple sympathique se cachent pudiquement un homme et une femme qui, sans tambours ni trompettes, déplacent des montagnes. Ils ont voulu aider le Sri-Lanka, où Madame a ses origines, et de coups de fil en rencontres ils parviennent à y faire parvenir des livres pour les écoles.
Quand on lui annonce qu’on voudrait publier son portrait, Ionie commence par demander pourquoi. Ce qui ne fait qu’augmenter notre envie de l’interviewer. Et on finit par la convaincre en acceptant d’ouvrir l’article en spécifiant que Pierre et elle-même n’ont rien fait de formidable, qu’ils n’ont été qu’un maillon de la chaîne. C’est chose faite. Mais il faut dire qu’effectivement, lorsque cette femme originaire du Sri Lanka égrène ses souvenirs, on entre dans une nouvelle dimension : un monde tout petit, dans lequel les connections se font tout naturellement, fluidement, à propos, apparemment sans aucun effort. « Toute ma famille est restée au Sri Lanka, et nous nous y rendons régulièrement, commence-t-elle. Nous avons beaucoup d’amis aussi là-bas, et notamment des enseignants, qui nous ont fait part de leurs difficultés à se fournir en manuels scolaires. Il y a 8 ou 9 ans, j’ai donc évoqué le sujet avec la documentaliste de mon collège, qui a elle-même pris l’initiative d’en discuter avec ses collègues dans la région. L’idée de recycler nos manuels français, qui changent tous les trois ou quatre ans, a pris forme. » Et dès la première année, c’est près d’une tonne de livres qui viennent remplir le garage de Ionie et Pierre.
Puis survient le Tsunami… et les Sillières se mirent à déplacer les montagnes.
Article à lire en intégralité dans notre édition de juin 2012.



